En Europe, on imagine souvent la Côte d’Ivoire comme un paradis africain. Or, la réalité est tout autre. Ces quatre dernières années, les arrestations arbitraires et la répression de la dissidence n’ont jamais cessé, et des actes de torture ont même été signalés avant l’élection présidentielle.
Ce sont les mots de Jacques Daouda, militant des droits humains réfugié en France depuis 2019. À l’époque, avec d’autres jeunes étudiants, il avait mené une manifestation pour exiger des autorités ivoiriennes qu’elles mettent fin aux arrestations arbitraires et au harcèlement des personnes perçues comme critiques ou dissidentes du gouvernement.
« À l’approche de l’élection présidentielle de 2020, le pays était en proie à la répression », explique M. Daouda. « Du 31 octobre, jour du scrutin, jusqu’à l’investiture du président, on a dénombré des centaines d’arrestations et plus de 50 morts. » Le problème des droits humains en Côte d’Ivoire est devenu évident le 9 novembre 2020, jour de l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence. Au moins 55 personnes ont été tuées lors d’affrontements entre factions opposées, à coups de feu et de machettes, les forces de sécurité restant trop souvent passives. Selon le Conseil national des droits de l’homme, près de 300 personnes ont été blessées.
Cette dénonciation émane d’Amnesty International, qui signale également de nombreuses arrestations de militants de l’opposition, dont celle de Pascal Affi N’Guessan, incarcéré depuis la nuit du 6 au 7 novembre.
N’Guessan est inculpé de 30 chefs d’accusation, notamment d’attaque et de complot contre l’autorité de l’État, de meurtre et de terrorisme. Son avocat n’a pu le rencontrer qu’une seule fois, le 9 novembre dernier, lors de sa comparution devant un juge après 60 heures de détention dans un lieu inconnu. On ignore toujours où il se trouve.


