Le 4 juin 2025, le « Conseil supérieur de l’audiovisuel’ (CSA) de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé une mesure exceptionnelle de 90 jours interdisant à tous les médias – publics, privés, numériques et sur les réseaux sociaux – de diffuser ou relayer toute communication du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), le parti de l’ancien président Joseph Kabila, ainsi que de ses membres.
Selon Christian Bosembe, président du CSA, cette décision fait suite à une mesure gouvernementale suspendant officiellement les activités du PPRD. Le président du CSA précise qu’il ne s’agit pas d’une censure absolue : les cadres du PPRD peuvent encore intervenir dans les médias à condition de ne pas évoquer leur parti, les actions de leur « autorité morale » (Kabila) ou les opérations menées par ce dernier dans l’est du pays. Dans le cas contraire, les médias concernés s’exposent à des sanctions.
Cette mesure a provoqué de vives réactions. Certains membres du PPRD dénoncent une censure manifeste, tandis que l’organisation « Reporters sans frontières » (RSF) a exprimé sa profonde inquiétude face à cette nouvelle atteinte à la liberté d’informer en RDC. Selon Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique de RSF, le CSA agit de manière de plus en plus arbitraire et disproportionnée, comme en témoigne déjà l’interdiction de traiter de la situation à l’est du pays sans utiliser de sources officielles, en vigueur depuis avril 2024. En janvier 2025, le CSA avait même menacé de suspendre certains médias internationaux.
RSF dénonce l’émergence d’une censure administrative qui dépasse les attributions légales de l’organisme de régulation, compromettant l’équilibre de l’information et le pluralisme démocratique dans un pays déjà en situation fragile.


